Au festival Montpellier Danse, les danses de combat de Nadia Beugré

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Nadia Beugré, à la Cité internationale de la danse, à Montpellier, en juin 2022. Nadia Beugré, à la Cité internationale de la danse, à Montpellier, en juin 2022.

Quelque chose de vif, d’urgent, de tourneboulant vous passe sur le corps, ou tout près, et vous mettez quelques minutes à vous recoiffer. Cette tornade porte le nom de Nadia Beugré. A la ville comme à la scène, la danseuse et chorégraphe ivoirienne secoue. Souvenir inoubliable de son second solo Quartiers libres, à l’affiche en 2015, au Tarmac, à Paris. Impérieuse dans un jupon de bouteilles en plastique, vomissant un sac-poubelle coincé dans sa bouche, elle irradiait d’une beauté féroce.

Son apparition dans un café parisien, vendredi 26 mai, longues tresses virevoltantes au moindre mouvement de tête, libère des ondes nerveuses. Celle qui a choisi de vivre à Montpellier depuis 2009 se pose quelques jours dans la capitale entre deux trains. D’emblée, elle file au cœur du sujet : son exigence de confiance et de compréhension. « Je suis autodidacte, je viens d’un quartier chaud d’Abidjan. J’ai lutté pour être là où je suis aujourd’hui, la route est épineuse, mais je continue… »

Attention, donc, à chaque mot, chaque nuance, chaque son, même, émis par cette artiste qui entrelace un français lyrique et des mots de nouchi, argot d’Abidjan, avec un accent chantant. Le tout sonne fort, emporté dans le flux d’une langue complexe et chahutée. « Et il y a toujours des virgules et des points de suspension dans cette histoire que je suis en train d’écrire… », ajoute-t-elle.

Avant le Festival d’automne, qui présentera trois de ses pièces à partir du 19 septembre, Nadia Beugré est à l’affiche de Montpellier Danse, qui démarre mardi 20 juin. Elle y crée son nouveau spectacle, intitulé Prophétique (on est déjà né.es), autour de la communauté transgenre d’Abidjan, dont quatre membres sont présentes sur le plateau auprès de deux autres performeurs.

« L’univers de Nadia est en prise avec les questions d’aujourd’hui, celles du genre, de la peau noire, des femmes noires et lesbiennes, souligne Jean-Paul Montanari, directeur de la manifestation montpelliéraine. Je la connais depuis longtemps et elle reste un mystère pour moi. Elle possède une force incroyable sur scène, mais elle est plus fragile qu’on ne le croit. » Il a payé le billet d’avion Abidjan-Montpellier lorsque Nadia Beugré, en 2009, a décidé de venir y travailler.

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A 42 ans, elle qui danse spontanément dès l’enfance dans les fêtes familiales le dit franchement : « La danse m’a détournée de la délinquance. » Et avant, c’est le football qui « sauve » l’adolescente née dans le quartier d’Abobo, à Abidjan, au sein d’une grande famille de « douze ou treize enfants ». « J’ai quitté l’école en CM2, se souvient-elle. Je me baladais dans le quartier et je jouais au foot avec les copains. » Le père est musulman et polygame. La mère est « la gentille femme du quartier » qui distribuait des glaces au yaourt sur le terrain de jeu.

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